Angèle Dite Renée GIRARD

Matricule 31632
survivant
Photographie de Angèle Dite Renée GIRARD
Portail du secteur B-Ia du sous-camp de Birkenau (Auschwitz-II) par lequel sont passés les “31000” (accès depuis la rampe de la gare de marchandises et le “camp-souche” d’Auschwitz-I…). © Gilbert Lazaroo, février 2005.
Convoi 31000

Angèle, Mélanie, Girard naît le 11 décembre 1894, à Paris 10e, fille unique de Gustave Girard, 26 ans, garçon de magasin, et d’Antoinette Dubois, 22 ans, journalière, domiciliés au 3 rue Bellot. Elle est orpheline au moment de la guerre. N’aimant pas son prénom d’Angèle, elle se fait appeler Renée.

Comptable, elle fait aussi du secrétariat.

Elle habite pendant un temps au 49, avenue des Ternes.

Son activité de militante communiste est toute sa vie et elle semble ne pas avoir de vie privée ; elle est célibataire.

En 1936, Angèle “Renée” Girard devient la secrétaire parlementaire de Prosper Môquet, député communiste de la troisième circonscription (quartier des Épinettes) du 17e arrondissement (et père de Guy Môquet). Dans les années du Front populaire, elle travaille aussi à Regards , hebdomadaire illustré publié par le Parti communiste…

Le 26 juillet 1940, elle est arrêtée alors qu’elle distribue des tracts aux abords d’une soupe populaire de l’armée allemande. Détenue pendant deux mois et demi à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e), elle est finalement relaxée par les autorités d’occupation.

En 1942, Angèle “Renée” Girard est agent du Front national [1]; elle n’a pas d’emploi salarié ; elle est à la disposition de la résistance vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Elle habite seule dans un petit logement au 166, avenue de Clichy, à Paris.

Les inspecteurs des brigades spéciales des renseignements généraux de la préfecture de police notifient ses contacts avec plusieurs résistants : Pierre Lacan, ex-journaliste à L’Humanité chargé dans l’O.S. de l’édition, de la diffusion de notices de sabotages et de fabrication et d’utilisation des explosifs, Étiévant, Julien Landragin, typographe, et Maurice Grandcoing, responsable militaire du PC clandestin. Le premier rendez-vous au cours duquel elle est repérée en compagnie de Lacan, le 14 avril 1942 à 17 h 45, se tient face au 68, avenue de la République, raison pour laquelle les inspecteurs la désignent provisoirement, afin de l’identifier, sous le surnom de « femme République ».

Elle quitte son domicile lorsqu’elle s’aperçoit que l’immeuble est surveillé, mais en y laissant des affaires.

Le 18 juin 1942 à 18 heures, place du Châtelet, elle est appréhendée dans le cadre de surveillances effectuées par des inspecteurs de la BS1 alors qu’elle cherche vraisemblablement le contact avec Landragin (ultérieurement, Charlotte Delbo, relatera qu’elle a été arrêtée en retournant chez elle pour y prendre du linge). Angèle “Renée” Girard est prise dans l’« affaire Tintelin et autres » [2]. Lors de son arrestation, elle porte un sac à provision contenant des tracts et des journaux communistes, ainsi que des documents manuscrits relatif à l’impression de la presse clandestine, notamment des projets d’articles destinés à la composition du n° 2 du journal France d’abord .

Le 20 juin, elle est emprisonnée au dépôt avec les autres inculpés de la même affaire.

Elle y reste jusqu’au 10 août 1942, date à laquelle elle est transférée au camp allemand du Fort de Romainville, situé sur la commune des Lilas [3] (Seine / Seine-Saint-Denis), avec toutes celles qui avaient été arrêtées le même jour qu’elle. Angèle “Renée” Girard y enregistrée avec le matricule 611.